TEST COMPLET DU SUZUKI VITARA 1.4 BOOSTERJET 110 : QUE VAUT LE SEUL CONCURRENT AU DACIA DUSTER ?

Désormais âgé de 11 ans – il est né en 2015 – le Suzuki Vitara aurait bien le droit de faire valoir ses droits à la retraite. Mais le constructeur japonais en a décidé autrement puisque, une première fois restylé en 2018, son petit SUV a eu droit à une deuxième refonte mi-2024, laquelle lui a aussi permis de respecter GSR II avec l’arrivée d’une batterie d’aides électroniques. Et voilà qu'en 2026, la marque nippone lui offre une nouvelle mise à jour, plus technique cette fois. Aucun acharnement là-dedans, juste le constat que ses clients sont encore assez nombreux pour justifier cette modernisation. Il faut dire qu'un petit SUV, disponible en 4-roues motrices si besoin, proposé à des tarifs très serrés - à partir de 26 490 € - le mettant régulièrement en concurrence avec le Dacia Duster, ça ne court plus les rues. Il y a donc de quoi

Présentation, design et dimensions du Suzuki Vitara

Design extérieur

S’il a dépassé les dix ans, le Suzuki Vitara ne les fait pas réellement. Un constat que l'on explique en deux points. Le premier, c'est le design neutre du petit SUV japonais. Tant dans les proportions que pour les signatures lumineuses, Suzuki n'a pas pris beaucoup de risque pour cette 3eme génération présentée en 2014. Certes, on ne se retourne pas sur un Vitara dans la rue, mais son design est aussi plus intemporel que celui de certains rivaux. De plus, c'est le deuxième point, le constructeur japonais a œuvré deux fois au restylage, en 2018 et 2024. Lors du dernier "toilettage", le Vitara a adopté un nouveau bouclier avant, des jantes de 17 pouces redessinées ainsi que, afin d’abaisser les consommations, un becquet arrière affinant l’aérodynamique. Ses lignes assez carrées le font visuellement paraître plus grand que les 4,19 m qu'il affiche, plus robuste aussi.

  • Longueur : 4,19 m
  • Largeur : 1,78 m
  • Hauteur : 1,6 m
  • Empattement : 2,5 m

Présentation intérieure

A l’intérieur, il y a eu bien moins d’évolutions depuis son lancement. Le dessin général de la planche de bord n’a pas changé depuis 2015. Seule la montre placée entre les deux aérateurs centraux a été remplacée, mi-2024, par la caméra surveillant l’attention du conducteur, avec des bips horripilants dès que l’on regarde l’écran central (passé de 7 à 9 pouces et doté d’un logiciel évolué en 2024)… que l’on est pourtant bien obligé de regarder puisque toutes les commandes ou presque passent par lui.

Si le Vitara conserve un plastique souple pour la casquette supérieure de sa planche de bord, ailleurs tous les matériaux sont durs, parfois brillants, et composent un intérieur bien assemblé, rassurant pour la longévité, mais pas spécialement flatteur à l’œil.

Vie à bord du Suzuki Vitara

Habitabilité

Compte tenu de ses seulement 4,19 m de long, le Suzuki Vitara offre une habitabilité appréciable, y compris pour des grands aux places arrière, tandis que le coffre affiche une contenance suffisante pour une famille avec ses 320 Dm3 mesurés par nos soins avec nos valises rigides calibrées.

Comme souvent dans les SUV, on est assis un peu droit au volant, et si ce dernier s’ajuste en hauteur comme en profondeur, davantage d’amplitude dans ces réglages aurait permis aux grands gabarits de trouver une meilleure posture au poste de pilotage.

Multimédia et ergonomie

Passé à 9 pouces au lieu de 7 pouces lors du restylage de 2024, l’écran du Vitara a fait le maximum pour rester dans l’air du temps. Mais si ses affichages font assez modernes, sa réactivité reste moyenne, ce qui ne facilite pas la navigation dans les nombreux sous-menus. De plus, si Suzuki a fait un effort pour couper certaines aides électroniques à la conduite pénibles au quotidien (deux boutons à gauche du volant pour couper d’un appui long l’alerte de sortie de voie et le freinage automatique d’urgence) supprimer les bips d’alerte de survitesse reste un vrai parcours du combattant. Ce n’est possible qu’à l’arrêt, et c’est finalement mieux, car il faut jouer entre de multiples « tournés-appuyés » avec une mini-molette dans la partie droite des compteurs pour enfin accéder au sous-menu du sous-menu de ce réglage ! Horripilant…

Que vaut le Suzuki Vitara sur la route ?

Performances et agrément

Pour 2026, le désagréable 1.5 atmosphérique hybride 115 ch doté d’une lente et désagréable boîte robotisée, et de seulement 33 ch électriques disparaît. Il est remplacé par une déclinaison dotée d’une vraie boîte automatique à convertisseur du 1.4 Boosterjet micro-hybridé en 48V et dégonflé à 110 ch au lieu de 129 ch, toujours pour gagner un peu de CO2, ici un gramme supplémentaire.

S’il a perdu 19 ch afin de répondre à la future norme de dépollution EURO 7, ce 1.4 Boosterjet n’a rien perdu de son couple qui reste fixé à 235 Nm disponibles dès 2 000 tr/mn. Une valeur confortable pour un Vitara ayant su rester plutôt léger avec seulement 1 245 kg mesurés sur notre balance.

Résultat, on ne manque jamais de puissance ni de relances (80 à 120 km/h en seulement 8,8 s), grâce également à la boîte auto et à l’apport de la micro-hybridation 48V qui ajoute aussi sa force afin d’annihiler un éventuel temps de réponse du turbo. Et c’est heureux car la boîte auto 6 à convertisseur n’est pas toujours aussi réactive qu’on le souhaiterait, avec par exemple des rétrogradages un peu trop tardifs si on n’écrase pas l’accélérateur. Au moins, elle épargne aux occupant d’éventuels à-coups, y compris en ville où son convertisseur de couple reste souvent ouvert au bénéfice de la douceur.

  • 0 à 100 km/h : 10,2 s
  • 1 000 m DA : 32,2 s
  • 80 à 120 km/h en D : 8,8 s

Comportement, confort et sécurité

Né il y a plus de dix ans, le châssis du Suzuki Vitara n’a jamais été une référence dans sa catégorie, mais se débrouille tout de même correctement. Certes, sa direction manque un peu de consistance sur route, et d’un point milieu suffisamment marqué sur autoroute, imposant quelques corrections pour rouler droit. Mais son train avant offre suffisamment d’adhérence dans le cadre d’une conduite de père de famille, hormis une motricité moyenne roue braquées.

Côté confort, les ressorts font plutôt la part belle à la douceur, ce qui est efficace aux allures routières, même sur les chaussées dégradées. Mais l’amortissement sec dégrade le tableau en remontant beaucoup de trépidations aux basses vitesses et sur les petits défauts de la chaussée, notamment en provenance du train arrière.

Aides à la conduite électroniques

Comme pour toutes les voitures neuves depuis juillet 2024, ce Suzuki Vitara embarque une flopée d’aides électroniques de sécurité. Et comme souvent chez les constructeurs japonais, elles sont souvent très interventionnistes, et multiplient les bips. Au point qu’on n’y fait plus attention, où que l’on en devient très agacé, d’autant que certaines sont extrêmement compliquées à couper (voir au chapitre ergonomie). Bref, Suzuki a des progrès à faire à ce chapitre, et comme les représentants de la marque nous l’on avoué, l’information a été remontée aux ingénieurs japonais afin qu’ils simplifient tout cela le plus rapidement possible.

Consommation et autonomie

Avec sa seule micro-hybridation 48V, ce Vitara 1.4 Boosterjet 110 ne peut évidemment pas rivaliser avec des concurrents dotés d’une véritable hybridation capable de rouler en électrique comme le Dacia Duster Hybrid 155, mais le travail effectué sur le 4 cylindres japonais a porté ses fruits. En effet, si on le compare au Vitara 1.0 Boosterjet 109 ch Auto qui existait il y a cinq ans, les progrès sont appréciables.

Sans que les performances n’aient vraiment régressé, ce 1.4 Boosterjet 110 réussi à consommer 0,5 l/100 km de moins que l’ancien 1.0 sur autoroute et en ville, mais à peine moins sur route. En moyenne, ce Vitara se contente de 6,7 l/100 km, ce qui reste très correct pour un SUV non hybridé doté d’une boîte automatique. Avec son réservoir de 47 l, l’autonomie moyenne ressort à 701 km en moyenne, ce qui reste confortable pour les longs voyages.

  • Consommation route : 6,7 l/100 km
  • Consommation autoroute : 6,7 l/100 km
  • Consommation ville : 6,6 l/100 km
  • Consommation moyenne : 6,7 l/100 km

Prix, moteurs et finitions du Suzuki Vitara

  • 1.4 Boosterjet Hybrid 110 BVM6 : Dès 26 240 €*
  • 1.4 Boosterjet Hybrid 110 BVA6 : Dès 28 940 €*
  • 1.4 Boosterjet Hybrid 110 BVM6 Allgrip : Dès 29 240 €*
  • 1.4 Boosterjet Hybrid 110 BVA6 Allgrip : Dès 30 940 €*

*Avant promotions régulières de 4 500 €

Principaux équipements sur finition Avantage

  • Jantes en alliage 17’’
  • Projecteurs avant et feux arrière à LED
  • Gestion automatique des feux de croisement / feux de route
  • Air conditionné à régulation automatique
  • Dispositif d’ouverture et de démarrage sans clé
  • Système multimédia avec écran tactile 9’’
  • Connexion smartphone sans fil compatible Android Auto et Apple CarPlay
  • Aide au maintien dans la voie (LKA)
  • Alerte de franchissement de ligne (LDP)
  • Caméra de recul
  • Capteurs de stationnement arrière
  • Freinage actif d’urgence (DSBS II)
  • Régulateur de vitesse adaptatif ACC (Adaptive Cruise Control)

Principaux équipements supplémentaires sur finition Privilège

  • Accoudoir central avant
  • Alerte de trafic en marche arrière (RCTA)
  • Détection d'angles morts (BSM)
  • Rétroviseur intérieur électrochrome
  • Sièges avant chauffants
  • Vitres arrière surteintées
  • Volant 3 branches gainé cuir

Principaux équipements supplémentaires sur finition Style

  • Jantes en alliage 17’’ polies
  • Capteurs de stationnement avant
  • Sellerie suédine et cuir synthétique
  • Toit ouvrant panoramique
  • Rétro rabattables électriquement

Bilan de l'essai du Suzuki Vitara

S’il n’est plus tout jeune, le Suzuki Vitara ne fait finalement pas trop son âge, tant esthétiquement que sur le plan des prestations, où de toutes façons il n’a jamais essayé de jouer les premiers de la classe. Assez vaste à bord et ans la moyenne à la plupart des chapitres, sauf l’ergonomie et les aides à la conduite, ce petit SUV japonais ne démérite pas, d’autant qu’il s’offre à des tarifs très compétitifs avec l’aide de 4 500 € que Suzuki reconduit régulièrement (Dès 21 740 €), et qui le situe du coup sensiblement aux tarifs d’un Dacia Duster, son principal concurrent à ce niveau de prix.

Mais heureusement que Suzuki aide les acheteurs car avec 130 g/km de CO2, ce 1.4 Boosterjet 110 Auto impose un malus de 983 €. Atout de ce Vitara, il est aussi proposé, dans ses deux variantes 110 ch boîte manuelle ou automatique, en versions dotées de quatre roues motrices, très prisées dans les zones montagneuses. A défaut d’être la meilleure proposition de la catégorie, ce Suzuki Vitara est donc un choix pragmatique qui se défend pour ceux dont le budget n’est pas illimité.

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2026-02-08T11:16:07Z