CE MOTEUR VOLVO ARTISANAL ALIGNE 16 CYLINDRES COMME AUCUN AUTRE AU MONDE

En Suède, le passionné Pelle Söderström a assemblé quatre Volvo B20 pour créer Herkules 1934, un 16 cylindres en ligne unique au monde. Derrière ce moteur géant, 13 000 heures de travail et un grondement qui fascine les amoureux de mécaniques extrêmes.

On pensait avoir tout vu avec la Bugatti Veyron et son W16 quadriturbo. Et puis, quelque part en Suède, un passionné a décidé qu’il manquait encore un délire mécanique à la planète auto : non pas un V16, ni un W16, mais un moteur 16 cylindres en ligne, long comme un tronc d’arbre, assemblé à partir de blocs Volvo d’époque.

Au cœur de cette folie très sérieuse, on trouve quatre blocs de Volvo B20 de 2,0 litres alignés pour donner un ensemble de 8,1 litres. Ce moteur artisanal a été baptisé Herkules 1934 par son créateur, le Suédois Pelle Söderström, qui a passé 13 000 heures à le concevoir, avec à la clé un véritable manuel d’atelier de plus de 300 pages. Et quand on l’entend tourner dans les vidéos, ce long seize-cylindres ne ressemble ni à une supercar moderne, ni à un vieux tracteur : il a vraiment sa propre voix.

Herkules 1934 : un 16 cylindres en ligne Volvo unique au monde

Sur son site consacré au projet, Pelle Söderström présente son moteur comme le "Worlds first and only straight 16 cylinder engine for automobile", autrement dit "le premier et unique moteur 16 cylindres en ligne pour automobile au monde", écrit-il sur son site Sweet 16. Pour y parvenir, il a combiné quatre blocs de Volvo B20 de 2,0 litres, des quatre-cylindres en fonte connus pour leur robustesse, pour former un seul et même bloc de 16 cylindres. Les blocs et les culasses, tous en fonte d’origine Volvo, sont rapprochés et solidarisés pour dessiner un long capot virtuel qui sent bon les années 30.

L’architecture interne est à l’avenant. Les 16 bielles sont en acier forgé, tout comme le vilebrequin, tandis que les pistons viennent de chez Mahle et que l’arbre à cames utilise un alliage spécial de fonte. Le vilebrequin principal atteint une longueur impressionnante ; Pelle Söderström le décrit en riant comme une "två meter lång grunka", littéralement "un machin de deux mètres de long", rapporte Jalopnik. Le tout pèse environ 850 kg, soit l’équivalent d’une petite citadine entière rien que pour le moteur, et reste pourtant suffisamment abouti pour être relié à une boîte manuelle Muncie SM465 à quatre rapports via des transmissions par chaînes Triplex.

Une sonorité industrielle pour 8,1 litres, 260 ch et un couple titanesque

Côté chiffres, il serait tentant de prendre la puissance d’un B20 d’époque, autour de 90 ch, et de la multiplier par quatre. Sauf que ce n’est pas comme ça que fonctionne le Herkules 1934. Pour ménager les chaînes Triplex qui transmettent l’effort vers la Muncie SM465, Pelle Söderström limite volontairement le régime à 3 000 tr/min. Selon ses calculs, le moteur développe environ 264 ch et quelque 500 lb-ft de couple, soit près de 680 Nm, à 2 800 tr/min. Un chiffre de couple qui parle tout de suite aux automobilistes, surtout quand on sait qu’il est délivré à un régime aussi modeste.

Le son, lui, n’a rien de policé. Jalopnik le décrit comme si plusieurs chevaux galopaient à l’intérieur du bloc, avec un timbre très industriel, brut, proche du grondement d’un gros V14 à 90 degrés. Dans une première vidéo, le seize-cylindres en ligne n’est qu’un énorme vacarme, au point qu’on se demande si la qualité audio ne gâche pas tout. Dans un autre extrait d’une cinquantaine de secondes, on distingue mieux l’échappement et ce grondement très grave, presque métallique, qui colle parfaitement à l’image de ce moteur de 8,1 litres taillé pour un long capot d’auto imaginaire de 1934. On ne sait pas encore dans quelle voiture il finira, mais chaque démarrage filmé suffit déjà à écrire une nouvelle page dans le grand livre des folies mécaniques suédoises.

2026-06-29T17:35:37Z